Domaines thématiques

Notre engagement

L’Appel de Genève s’efforce d’améliorer la protection des civils dans les zones de conflit ou de violence.

Pour ce faire, nous nous engageons auprès des groupes armés et des autorités de facto (GAAD), car nous considérons que l’impact de leur comportement est significatif sur la vie de milliers de civils qui vivent sous leur contrôle ou influence.

Notre engagement auprès des GAAD peut être direct ou indirect, en passant par l’intermédiaire de partenaires et d’organisations de la société civile dignes de confiance. De manière globale, notre mission vise à sensibiliser les GAAD et rendre le comportement en ligne avec le droit international humanitaire (DIH).

Protection of civilians in areas of conflict or violence.

Renforcer les normes humanitaires
pour un changement positif et durable

Nous hiérarchisons nos engagements en fonction des besoins de protection des civils et de la sensibilité de chaque conflit. Afin d’opérer un changement durable de comportement des GAAD, nous sélectionnons les acteurs avec lesquels nous nous engageons en fonction de ceux qui, selon nous, ont le plus d’impact sur la vie des civils.

Des violations généralisées se produisent souvent pendant les conflits, notamment des attaques délibérées contre les civils et leurs infrastructures, telles que les hôpitaux et les écoles. Les enfants, les populations vulnérables et les travailleurs humanitaires sont des cibles fréquentes. Notre objectif est d’approfondir la connaissance et l’acceptation des normes humanitaires dans les conflits armés et autres situations de violence – ce que l’on appelle les règles de la guerre. Cela renforce les piliers du droit international humanitaire (DIH) et du droit international des droits de l’homme (DIDH). 

Dans le cadre de notre engagement, nous utilisons des outils de sensibilisation et de formation ciblés. L’un de nos principaux outils est l’Acte d’Engagement. 

Les Actes d’Engagement sont des promesses publiques uniques faites par les GAAD pour adhérer et se conformer aux principes humanitaires internationaux clés. 

Elles sont accompagnées d’un plan de suivi et de mise en œuvre détaillé permettant à l’Appel de Genève d’approfondir son engagement auprès des signataires, ce qui aboutit finalement à un changement de comportement à long terme sur le terrain. 

À ce jour, 70 GAAD ont signé des Actes d’Engagement dans quatre thématiques principales : les mines terrestres et les armes explosives, la protection et l’éducation des enfants, la violence sexuelle et la discrimination fondée sur le sexe, ainsi que les soins de santé. 

Depuis 2000, l’Appel de Genève a travaillé dans plus de 24 pays. 

Dans notre engagement humanitaire, nous nous concentrons sur les domaines thématiques suivants :

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets des conflits armés. Ils peuvent être tués, mutilés, kidnappés, violés, recrutés et utilisés lors des combats. Leur éducation peut être interrompue ou ne jamais commencer. Parmi les parties citées dans les listes des auteurs de grave violations contre les enfants dans le dernier rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés, la plupart sont des GAAD. Beaucoup d’enfants impliqués dans les conflits armés font partie des rangs des GAAD. Les écoles sont aussi souvent prises pour cibles ou utilisées à des fins militaires par les GAAD.

L’Appel de Genève œuvre pour la protection des enfants et de l’éducation dans les conflits armés depuis 2010. Actuellement, 29 GAAD ont signé l’Acte d’Engagement protégeant les enfants dans les conflits armés et ont mis en place des mesures telles que la démobilisation des enfants soldats. D’autres GAAD ont pris des engagements similaires.

Ces dernières années, l’héritage culturel a été de plus en plus la cible directe d’attaques systématiques et délibérées de la part des GAAD. Un exemple parlant est la destruction de 14 mausolées dans la ville de Tombouctou au Mali, site du patrimoine mondial.

De plus, des changements dans les dynamiques de la guerre ont davantage transformé les zones urbaines en champs de bataille. Par conséquent, les monuments historiques, les édifices religieux et d’autres sites culturels ont subi d’importants dommages collatéraux. L’héritage culturel a été encore plus affecté par l’excavation illégale de sites archéologiques, le pillage systématique des sites et des musées, et le trafic illicite d’objets culturels. Dans le cadre de sa stratégie 2020-2023, l’Appel de Genève implique les GAAD dans la protection du patrimoine culturel dans les conflits armés.

Les conflits armés engendrent l’insécurité alimentaire et la famine de multiples façons. Les combats perturbent l’approvisionnement en nourriture, la production alimentaire et les systèmes alimentaires en endommageant les infrastructures essentielles et en contaminant ou détruisant les terres agricoles. Sans surprise, des millions de personnes menacées par l’insécurité alimentaire et la famine vivent dans des zones de conflit armé, y compris des zones sous le contrôle de groupes armés et autorités de facto (GAAD).

Un meilleur respect du droit international humanitaire peut atténuer ces causes d’insécurité alimentaire liées aux conflits.

En 2021, l’Appel de Genève a lancé un nouvel Acte d’Engagement pour la prévention de la famine et la lutte contre l’insécurité alimentaire liée aux conflits.

Selon le HCNUR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), un nombre sans précédent de 82,4 millions de personnes dans le monde a été forcé de quitter son domicile fin 2020 en raison d’un conflit armé, de persécutions ou de violence. Parmi elles, un quart de réfugiés et demandeurs d’asile et 48 millions de déplacés internes. Attaques directes et mauvais traitement, perte de propriété, violence sexuelle et accès restreint aux soins médicaux ainsi que d’autres services basiques font partie des menaces auxquelles font face les déplacés.

Les GAAD sont présents dans la plupart des pays où le niveau de déplacement interne est élevé. L’Appel de Genève a commencé à engager les GAAD sur les problèmes de déplacement en 2018.

Les attaques contre les établissements hospitaliers, le transport médical et le personnel de santé ont sensiblement augmenté dans les zones de conflits ces dernières années. Au-delà de leur impact immédiat, les attaques contre le personnel et les établissements médicaux peuvent également paralyser la fourniture de services d’urgence et perturber l’accès aux soins de l’ensemble de la population et des combattants blessés. Les attaques peuvent aussi pousser le personnel médical à quitter les zones de conflit, ce qui aggrave encore cette tendance.

Les GAAD sont tenus pour responsables de près d’un tiers de ces incidents violents à travers le monde. Dans le cadre de sa stratégie 2020-2023, l’Appel de Genève implique les GAAD dans la protection du personnel médical et infrastructures de santé dans les conflits armés. Il a lancé un Acte d’Engagement sur cette thématique en 2018. A ce jour, 2 GAAD ont signé l’Acte d’Engagement pour la protection des soins de santé pendant les conflits armés.

Les mines antipersonnel mutilent et tuent civils et combattants sans distinction, même après la fin des hostilités. Des centaines de milliers de personnes, la plupart du temps des civils, sont victimes des mines antipersonnel et d’autres restes explosifs de guerre (ERW). En plus de leur coût humain, les mines antipersonnel et les ERW empêchent l’accès aux services, l’acheminement de l’aide humanitaire, le retour des personnes déplacées et le développement économique.

Selon l’Observatoire des mines, les GAAD sont les utilisateurs principaux des mines antipersonnel et d’engins explosifs improvisés dans les conflits armés actuels. L’Appel de Genève agit contre les mines depuis sa création en 2000. Actuellement, 54 GAAD ont signé l’Acte d’Engagement interdisant les mines antipersonnel et ont pris des mesures pour le mettre en œuvre, comme par exemple la destruction de leurs stocks. D’autres GAAD ont pris des engagements similaires, et dans certains pays l’engagement pris par les GAAD a contribué à l’adhésion de l’État concerné à la Convention sur l’Interdiction des mines antipersonnel. L’Appel de Genève a récemment commencé à renforcer la protection des civils face à l’utilisation d’armes explosives dans les zones habitées (EWIPA).

La violence sexuelle et le viol sont omniprésents dans de nombreux conflits armés. Certaines situations de conflits créent un climat où l’ordre et la loi sont perturbés et où un sens d’impunité prévaut parmi les acteurs armés. Les auteurs de ces crimes incluent les membres des forces gouvernementales comme les GAAD, et les femmes ainsi que les hommes sont victimes de violence sexuelle pendant les conflits armés. Le conflit a aussi tendance à exacerber les pratiques discriminatoires entre hommes et femmes, comme l’accès à l’éducation, la santé ou d’autres services. L’Appel de Genève lutte contre la violence sexuelle et basée sur le genre depuis 2004. L’Acte d’Engagement interdisant la violence sexuelle et autres discriminations basées sur le genre a été lancé en 2012 et, aujourd’hui, 25 GAAD l’ont signé et ont pris des mesures pour appliquer ses dispositions.